Du collectif "Croyances et Sociétés" (Montréal, Fides, 1998)
Présentation
La multiplication des nouveaux mouvements religieux est un phénomène mondial. Menaces pour certains, hérésies pour dautres, ces mouvements sont surtout, aux yeux de quantité de chercheurs qui les observent, des signes dune profonde transformation de nos sociétés et dune quête spirituelle et religieuse qui sengage hors des sentiers battus.
Phénomène multiforme en perpétuel mouvement, ce nouveau pluralisme religieux exige, pour être compris, lattention soutenue de spécialistes venant de tous les horizons de la recherche scientifique. Cest dans cette perspective que des chercheurs réunis pour un colloque sur le sujet à Vallo della Lucania (Italie) en 1988, ont suscité la création du Centro Studi sulle Nuove Religioni, le CESNUR.
Organisme indépendant, non gouvernemental, voué à léducation et à linformation sur les nouveaux mouvements religieux, le CESNUR sert de forum pour les chercheurs du monde entier. Il est notamment linstigateur dune série de colloques internationaux annuels dont le dixième sest tenu à lUniversité de Montréal en août 1996.
Organisé par le Centre dinformation sur les nouvelles religions le CINR , en collaboration avec la Faculté de théologie de lUniversité de Montréal, ce colloque a réuni plus de 300 personnes autour du thème "Les sociétés devant le nouveau pluralisme religieux". Une soixantaine de chercheurs y ont fait une communication. Une quarantaine dentre eux ont soumis une version écrite de leur présentation pour publication. Nous en avons retenu vingt-neuf, que vous pouvez maintenant lire dans le présent volume.
Croyances et Sociétés
Nous avons choisi de diviser lensemble en quatre parties.
Une première partie, "Nouveaux mouvements religieux et vie en société", laisse entrevoir comment des sociétés diverses, en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord, sinterrogent ou réagissent devant la présence en leur sein de groupes religieux minoritaires dun type nouveau: aux Pays-Bas (Kranenborg), au Japon (Kisala), en France (Dericquebourg, Introvigne, Séguy, Garay). La situation française a particulièrement retenu lattention au colloque suite à la parution, quelques mois plus tôt, dun rapport de lAssemblée nationale sur les "sectes" qui souleva un tollé dans les milieux de la recherche; les textes ici publiés gardent la trace de cette atmosphère de débat et de controverse.
Quatre auteurs québécois (Lemieux, Pelletier, Leblanc, Ouellet) complètent cette première partie en proposant leurs lectures de certains aspects du nouveau pluralisme.
"Movements Move!"
Par ces deux mots, Massimo Introvigne résumait en plénière une impression forte laissée par de nombreuses interventions durant le colloque: ça bouge dans les nouveaux mouvements religieux! Plusieurs ont appris de leurs "erreurs de jeunesse", souvent après avoir été lobjet de dures critiques. Dautres profitent de la maturité acquise par leurs membres fondateurs. Dautres encore sajustent lors du passage du flambeau à une nouvelle génération. Bref, voilà un champ détudes où les analyses (et les publications!) peuvent vieillir assez vite.
Cette deuxième partie se concentre donc sur des mouvements religieux particuliers, sur leur évolution et leurs transformations: les Bérêts Blancs (Geoffroy et Vaillancourt), la science chrétienne et lantoinisme (Bégot), Shambala (Dawson et Eldershaw), la Famille (Melton), la Conscience de Krishna (Duhaime), "the i and I Art of Living Foundation" (Bedford), linfluence de Swedenborg (Williams-Hogan).
Des Églises qui sinterrogent
Les nouveaux mouvements religieux napparaissent pas, bien sûr, dans le vide. Des religions traditionnelles occupent déjà (ou occupaient récemment encore) le terrain. Comment celles-ci réagissent-elles? Quelques-uns de nos auteurs, regroupés dans cette troisième partie, ont abordé la question.
Comment lÉglise catholique romaine, vue du Vatican, se situe-t-elle dans ce nouveau paysage? (Gonçalves) Le dialogue est-il possible entre lÉglise catholique et ces nouveaux groupes, avec la Conscience de Krishna par exemple? (Saliba) Comment certains groupes gravitant dans ou près de lÉglise sapparentent-ils à de nouveaux mouvements religieux, parfois sectaires ? (Hocken, Turcotte) Comment une Église locale réagit-elle à la présence en son sein de courants dinspirations très différentes, salimentant par exemple soit au pentecôtisme soit au Nouvel Âge? (Hunt)
Des spiritualités aux quatre vents
Une dernière partie regroupe les contributions dauteurs qui se sont penchés sur le contexte spirituel dont sont issus et que nourrissent les nouveaux mouvements religieux. Comment sexpriment aujourdhui les attentes et les quêtes spirituelles? (Couture, Jeffrey, Richard) Les emprunts dits orientaux, comme les théories de la réincarnation, témoignent-ils vraiment dune rencontre, voire dun dialogue entre les spiritualités dOccident et dOrient? Et que dire de ce courant quon appelle le Nouvel Âge: où plonge-t-il ses racines et comment? Dans la psychologie? (Reid) Dans la spiritualité amérindienne de la Terre? (Johnston) Dans un nouveau polythéisme où des visiteurs extraterrestres ont pris la relève des anges, dieux et esprits? (Ellwood)
Voilà donc litinéraire que nous vous proposons en espérant que ces échos du colloque international de Montréal de 1996 vous ouvriront de nouvelles avenues dans lunivers parfois surprenant des nouveaux mouvements religieux .
Remerciements
Lorganisation dun colloque international et la publication dun livre comme celui-ci supposent la collaboration dun grand nombre de personnes quil faut remercier chaleureusement.
Le comité organisateur du colloque à Montréal était composé de Raymond Auger, Richard Bergeron, Fabrice Blée, Bertrand Ouellet, Yvon R. Théroux et Jean Duhaime, ce dernier représentant la Faculté de théologie de lUniversité de Montréal.
Le comité scientifique qui a évalué les propositions de communications et établi le programme du colloque était formé de Richard Bergeron, Jean Duhaime, Massimo Introvigne, Bertrand Ouellet et Susan Palmer.
Le comité dhonneur du colloque était composé de R.R. Andrew S. Hutchison, évêque anglican de Montréal; Benoît Lacroix, o.p.; Bernard J. Shapiro, principal et vice-chancelier de lUniversité McGill de Montréal; René Simard, recteur de lUniversité de Montréal, et du cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque catholique de Montréal.
Le financement de ce colloque a été assuré, en plus des contributions des participants, par plusieurs dons, commandites et subvention. Il faut souligner particulièrement les contributions du Fonds des donateurs de la Faculté de théologie de lUniversité de Montréal; de la Campagne Réussir ensemble ainsi que du vice-rectorat à la recherche de lUniversité de Montréal; du gouvernement du Canada, qui a financé 50% des coûts de la traduction simultanée; des éditons Médiaspaul, qui ont commandité la préparation et limpression du programme et des affiches, ainsi que plusieurs donateurs et amis du CINR.
Le comité de lecture qui a évalué et sélectionné les communications incluses dans le présent livre était formé de Richard Bergeron, Alain Bouchard, André Charron, André Couture, Jean Duhaime, Bertrand Ouellet, Pierre Pelletier et Yvon R. Théroux.
Benjamin H. Leblanc et Yves Langevin ont été dun grand secours pour mener à bien lopération de transfert sur support informatique, par scanner, des textes retenus pour la publication.
Il faut remercier tout particulièrement le personnel du CINR qui a joué un rôle central dans la préparation et la réalisation du colloque. Il sagit de Paule-Renée Villeneuve, Gisèle Rivard, Roger Lamy, Yves Langevin et Claudette Mayer. Le coordonnateur de la logistique était Fabrice Blée. Plusieurs bénévoles se sont joints à eux à différentes étapes de lorganisation: Louis B. Pariseau, Gloria Pelletier, Johanne Turner, Lorraine Derocher, Jean-René Pelletier, Roland Bonenfant, Alain Ruiz, Raymond Auger, Anne-Marie Léveillé, Gisèle Gingras, Huguette Mayer, André Jacques, Alia Khalaf, Huguette Beauséjour, Marie Koechlin et Martin Amilcar.
Merci enfin aux éditions Fides qui ont commandité les conférences publiques du colloque et qui accueillent Croyances et Sociétés dans la collection Héritage et projet.
Bertrand Ouellet
directeur général du CINR
octobre 1997